Un lieu façonné par l’eau, le travail et le vivant.
Bien avant La Selva, Lamandeau était un lieu d’activité.
La rivière faisait tourner des roues.
On y travaillait la matière.
Forge royale.
Teinturerie et filature.
Conserverie de cèpes.
Usine de chaussons.
Des gestes précis.
Une économie vivante.
Un territoire en mouvement.
Ici, on transformait.
La matière.
Le paysage.
La vie quotidienne.
Archive — Usine de Lamandeau, Dordogne.
Les machines se sont arrêtées.
L’activité a changé.
Le lieu n’a pas disparu.
Il a simplement changé de rythme.
La forêt a repris sa place.
Le silence est revenu.
Mais l’énergie de transformation, elle, est restée.
Ici, quelque chose continue à se transformer.
Autrement.
Pendant des années, une présence discrète a maintenu le lieu vivant.
Une porte ouverte.
Des artistes.
Des nomades.
Des troupes de cirque.
Sans programme.
Sans stratégie.
Simplement l’intuition que certains lieux savent accueillir.
Cette hospitalité informelle fait partie de l’âme du hameau.
Aujourd’hui encore, Lamandeau se tient légèrement à distance.
Ici, le réseau est faible, parfois absent.
Ce qui pourrait être perçu comme un manque
est devenu une qualité rare.
Cette mise à l’écart naturelle crée un espace différent :
— un endroit où l’attention se pose
— où le temps s’étire
— où l’on peut réellement habiter ce que l’on vit
La Selva ne s’est pas installée ici pour réinventer le lieu.
Elle s’inscrit dans ce qui était déjà là.
Transformer.
Accueillir.
Relier.
Non plus la matière,
mais l’attention.
Non plus le métal ou le textile,
mais le rythme intérieur.
Le hameau n’est pas devenu un décor.
Il reste un territoire vivant,
où chacun peut trouver son propre tempo.
Lamandeau ne se visite pas.
Il se traverse.
Entre les bâtisses, la rivière et les sentiers,
le lieu invite à ralentir.
À écouter.
À habiter.
Un lieu ancien.
Toujours vivant.